Ingrat tout comme ton physique, tu as grandi dans ses bras. Nourrit d'elle comme une tic, jusqu'à paralyser sa voix. Tu as pris tes mots dans sa bouche et ton souffle dans ses peines, tes mots les plus farouches dans le flux brulant de ses veines. Trempé ta plume dans ses larmes, mis son vin dans ton eau. T''as fait de sa beauté ton charme : aujourd'hui, tu n'es même plus beau. Tu as vu midi à sa porte, et ta force au creux de ses reins, asphixyée et laissée pour morte, mais elle respire ce matin. Tu t'es gonflé de ses mots tendres, empifré de ses jalousies. Tu t'es saoulé de ses méandres, mais tu t'en vas aujourd'hui. Tu as saisi toutes ses chances, de voler de ses propres ailes, tu as su renaitre de ses cendres.
Maintenant tu n'as plus besoin d'elle.
Chanson de Rose.